Aller au contenu principal

Rencontre du troisième type.

mai 13, 2011

Parfois, dans la Quête effrénée du Laule, y’a des gros morceaux qui te tombent tout cuits dans la bouche. La plupart du temps d’ailleurs, pour être honnête, j’peux décemment pas dire que je me foule à mort, le Laule vient à moi comme une clamydiae sur une ado bourrée en boîte de nuit… un samedi soir… en novembre… dans le Var.

Depuis deux semaines, j’affiche une morosité permanente à la maison dans le but qu’on me foute un peu la paix. Je tire ostensiblement la gueule et les rares mots qui sortent de ma bouche n’ont pas tous la chance de se trouver dans un dictionnaire. Bref, je m’isole et Pute me voit environ 10 minutes par jour.

Hier soir, une fois les mômes couchés, ma mine de bouledogue et moi sommes arrivées dans le salon histoire de tirer la gueule autre part que dans la chambre. Je me suis écroulée sur le canapé, ai roulé un joint pantagruélique et me suis emparé de la télécommande. Après un rapide examen des programmes proposés me rappelant pourquoi je regarde rarement la télévision, mon choix s’est arrêté sur le Tellement Vrai de NRJ12. Une émission que c’est un peu le fruit de l’union illégitime entre 50 Minutes Inside et Confessions Intimes : Le genre d’émission dans lequel le présentateur peut sortir sans complexe : « Ne soyons pas cruels envers les chats, après tout, ce sont des êtres humains ». Bref, dialogue

-Y a tellement de freaks en France, Pute.

– Hein ? Tu mates quoi ?

Tellement Vrai.

– Ah non putain ! Change !

– Je suis MALHEUREUSE, Pute. Et là, je suis tranquille, je fume un gros joint et je mate des horreurs et je KIFFE. Pourquoi tu veux TOUJOURS me niquer mes KIFS, hein ? POURQUOI ? Moi j’aime regarder les freaks alors TU ME FOUS LA PAIX OKAAAAY ?

Ça lui a coupé le sifflet. Le thème de l’émission était « Ils vivent du sexe », autant te dire que j’étais au taquet. Enfin, autant au taquet que je puisse l’être après avoir fumé. Y’avait un couple d’exhib’ qui se filmait 24h/24h sur internet, une ex porn-star en quête de reconversion professionnelle, un fabriquant de live dolls complètement flippant et un journaliste du mag Hot Video en reportage sur le tournage d’un film de John B-Root. Et puis à un moment, on voyait le casting du film, la panne de la vedette et John B-Root qui dit à une actrice: « Bon, on va passer direct à la levrette, alors », ce à quoi l’actrice a répondu « Haaaan, naaaaan, j’♥ pa la levraaaaaaitte »

Là, je suis littéralement tombée du canapé.

Pourquoi ? Back in the past… le jour d’avant :

J’étais en excursion avec notre bon Philippe de Thrace. Après un déjeuner indien où il était principalement question de « Argenteuil, c’est pas Paris./ Mais siiiiii c’est Paris, connasse.» nous sommes allés compter les putes de la rue Saint-Denis afin d’en faire rapport à Legendary Amerigo. C’était dur de compter en discutant et on commençait à s’y perdre mais nous sommes tombés d’accord sur 15,5. 15 indiscutables prostituées tunées comme des 205 et une dont on ne savait si elle était pute ou gogo voire simple passante. Nous avons continué sur notre lancée et tu sais, moi, quand je vois des boutiques avec des XXX lumineux, c’est pavlovien, je fonce tête baissée. Et j’avais un truc à acheter, un Tenga pour que Pute me foute encore un peu plus la paix. Donc je tracte ma bonne De Thrace dans une antre respectablement fournie du consumérisme sexuel. Que je voulais aussi un gel starter vasodilatateur. Je montre une vitrine à PdT : « Tu vois ce coffret Shunga avec le plumeau ridicule ? Bah le petit pot noir à droite, c’est le meilleur ami du clitoris. Le problème, c’est que je ne vais pas raquer le coffret entier pour 3ml de gel, tu vois le gros dilemme ??? ». Philippe de Thrace, il semblait pas vraiment ému par mon gros problème, voire il s’en foutait avec nonchalance.

J’avise une vendeuse en jogging et suis restée un moment stupéfiée par son maquillage. J’ai compté, y’avait cinq couleurs rien que sur ses paupières : y’avait le bleu, le vert, le jaune, le orange et le rose. Avec un arc-en-ciel pareil, Mon Blog de Fille n’a qu’à bien se tenir.

Vieux Félin : Bonjour, je voudrais un gel vasodilatateur.

Rainbow Warrior : koi ? Nan on a pa sa, daysolay.

VF : Bah si vous en avez là, dans ce coffret, sauf que je veux pas le coffret, je veux juste le gel, vous le vendez à part ?

RW : Nan. Mé sa, sa vou fera le maime éfé.

VF : Non, ça c’est un starter chaud-froid. Et je l’ai testé, il est tout pourri. C’est pas un vasodilatateur.

RW : Koi ?

VF : Un vasodilatateur bordel !

RW : Si non ya sa…

VF : Quels sont les principes actifs et les effets ?

RW : Sa pro-vok un aflu sanguin.

VF : Bah alors c’est un vasodilatateur ?

RW : Koi ? Nan. Sa fé 1 chofroua.

VF : Bon je suis pas flic, je veux juste prendre mon pied jusqu’à avoir envie de gerber, ok ?

RW : Sa sa vou fera le maime éfé, vou le prenai ou pa ?

PDT : Alors ?

VF : Je sais pas, c’est complexe ce dialogue.

RW : Jé pa ke sa à foutre, madame. Vou le prenai ?

VF : Ouais je vais tester.

RW : Je le lésse en kès.

VF : Elle est antipathique c’te meuf.

PDT : Mais non, c’est le maquillage qui fait ça.

Après, on est allés au rayon gode hightech, gode réaliste et on se demandait ce qu’on prendrait si on devait en acheter un. Je balance que Philippe de Thrace aime le violet. Et j’ai laborieusement choisi un oeuf Tenga pour Pute.

VF : Non, j’te jure en plus elle y connait QUE DALLE, c’est scandaleux. Je te préviens si jamais elle m’a vendu un chaud-froid je te jure je vais …

PDT : Tu vas quoi ?

VF : Bah rien, en fait, mais je serais verte.

Donc on voyait le casting du film, la panne de la vedette et John B-Root qui dit à une actrice : « « Bon, on va passer direct à la levrette, alors », ce à quoi l’actrice a répondu « Haaaan, naaaaan, j’♥ pa la levraaaaaaitte ». C’était un gros plan sur l’actrice et sur ses paupières, y’avait cinq couleurs rien que sur ses paupières : y’avait le bleu, le vert, le jaune, le orange et le rose.

C’est comme ça que je me suis rendue compte que Graziella Diamond m’avait vendu un chaud-froid.

Fuuuuuuuuuucked.

Le Crew-stillant. (PARDON.)

mai 5, 2011

Je dois reconnaître que quand on m’a proposé de rejoindre le crew Sacré Laule, je me suis dit que ce serait un outil de plus pour faire de mon blog-à-moi un blog qui serait lu par un peu plus de douze pelés et trois tondus, comme c’est le cas en ce moment – rapport à ce que quand on parle de musique sur Internet, (en évitant de mentionner Justin Bieber), on reçoit à peu près autant de trafic qu’une départementale de la Meuse à minuit, un soir de pluie.

Bref, comme je suis une espèce de crevure on-ne-peut-plus opportuniste, j’ai accepté. Le seul problème, c’est que je me suis rapidement rendu compte qu’il faudrait que je vous fasse rire, parce qu’il paraît qu’on a une ligne éditoriale sur Sacré Laule. Ensuite, j’ai prié le Seigneur pour que cette quête ne prenne pas la forme d’un immense jeu de rôle compliqué avec des jets de sauvegarde (j’ai jamais rien bité aux jets de sauvegarde), un nain pas drôle qui roulerait les -R et un elfe relou qui ferait de la poésie avec des rimes en -ouille.

Par chance, on n’a pas l’air trop concerné par ma deuxième supputation donc je vais me concentrer sur la première. La quête du Laule, ou la quête de l’ultime marrade sera longue, sachez-le. Pas qu’on y mette de la mauvaise volonté hein. Juste qu’on a chacun des profils plutôt inquiétants quoi.

Y’a d’abord Philippe qui sort jamais de chez lui sans sa lance. Je nous vois déjà écrire des comptes-rendus d’expédition sur les chemins du Laule à base de « Je le collais d’un peu trop prêt, il s’est retourné. Je ne sens plus ma tête, est-ce normal ? » (un peu comme lors de cet épisode merveilleux d’humour ukrainien).

Ensuite, y’a VF qui ne sort jamais de chez elle sans ses enfants, ou l’élagueur. Au choix. Puisque nous sommes obligés de tout anticiper, j’ai peur qu’un jour, quand nous devrons affronter le boss final du dernier donjon de la quête du Sacré Laule (à savoir, un one man show d’Anne Roumanoff qui durerait mille ans), elle se barre en courant en hurlant « QUE JE PEUUUUU PAAAAAA RESTAYYYYYYY, JE DWAAAAA FAYYYR LEU DINAAAAAY ». (En fait, je crois que j’ai surtout peur qu’on se retrouve comme des glands, avec les autres, coincés devant Anne Roumanoff sans rien à bouffer parce que VF aura zappé le panier pic-nic.)(ANGOISSE.)

Chaud.

La troisième membre du Crew s’appelle Betty Piège et s’habille avec des ballons (DES BALLONS), ce qui équivaut à une armure de -12 sur l’échelle des armures. Pour assurer sa sécurité, je ne vois qu’une solution : la coller aux spartiates de Philippe de Thrace – ce qui est absolument impossible pour les raisons que j’ai déjà évoquées plus haut. Je ne sais pas quoi faire.

Finalement, il y a Jésus. On sait très bien que les miracles n’existent pas (Christophe Maé prépare un album.) Donc je ne sais pas quoi faire non plus.

Bref, comme vous l’avez compris, nous sommes dans la merde – pour votre plus grand plaisir.

Il est revenu

avril 26, 2011

Ma petite hémorroïde, aujourd’hui j’ai décidé dans mon infinie miséricorde de t’entretenir de mon sacerdoce. Parce que ça n’est plus du tout celui que tu t’imagines hein, on est bien loin des prières, de l’ascèse religieuse et de toutes ces conneries. Au début okay, on te vendait de l’amour, du partage et du pardon, mais c’était juste du marketing, une stratégie pour que le truc prenne. Le Jésus Nouveau est arrivé, putain ça va chier grave.

Con de mortel, t’es persuadé que Dieu t’a créé pour que tu vives et fasses le bien autour de toi, n’est-ce pas? Je me marre franchement, là. Laisse-moi t’expliquer comment ça s’est vraiment passé.

Déjà, je dois te parler du paradis. Loin de l’image idyllique véhiculée, il faut que tu saches qu’on s’y fait profondément chier. L’infini pour l’éternité, t’imagines l’angoisse? L’ennui céleste, pour des siècles et des siècles. Rien d’autre à foutre que de regarder des abrutis à moitié à poil jouer de la harpe en buvant de l’eau, sans aucun moyen d’en finir.
Donc Papa s’emmerdait ferme, et il s’est dit qu’il lui fallait de la compagnie. Pas une femme, non, Papa voulait de la distraction, pas une pisseuse qui lui casse ses Saintes Roubignoles parce qu’il laisse traîner ses chaussettes un peu partout.

Bref, Dieu a créé l’Homme un peu comme on s’achète un hamster, et a choisi de l’enfermer dans une jolie cage : la Terre. Ça l’a bien fait marrer au début, son élevage prospérait et gagnait en autonomie. Parfois il se permettait même de se mêler à eux, histoire de se taper quelques gonzesses. Le truc prenait bien, y’avait de la vie, des peines et des joies, de la haine et même de l’amour.

Mais depuis quelques années ça commence à le gonfler concret, la Terre des Hommes. Ça blasphème dans tous les coins, ça chie là où ça mange, ça se permet de tout foutre en l’air en toute insouciance. Cette histoire de libre-arbitre, c’était une grosse connerie, ça tourne vraiment au n’importe quoi.
C’était il y a quelques jours, donc :
– Jésus, fils de pute, vient par là faut que je te cause d’un truc.
– C’est-à-dire que je suis un peu crucifié là, niveau déplacement ça me limite un peu.
– Arrête de faire le mariole où je te rase ta sale tronche de beatnik.
– Euh… J’arrive!

Je prends donc l’Eden-Express et me pointe au ciel. Papa est là, bien calé dans son rocking chair, un angelot sur les genoux. Il a l’air maussade.
– Salut P’pa. Je te fais pas la bise, hein, je suis pas rasé. C’est qui ce nabot?
– Un angelot.
– Mais… Mais… Tu lui fais quoi, là?
– Les anges n’ont pas de sexe, mais ils ont un cul.
– Putain t’es sévèrement dérangé. Ahem… Bon, qu’est-ce que je pourrais faire qui t’obligerait?
Il esquisse un sourire étrange.
– Jésus, mon fils, les hommes m’emmerdent salement. La Terre, toute cette histoire, c’est foutrement parti en couille, c’est devenu d’une chianteur bouleversante. Bref, j’ai donc décidé de te renvoyer là-bas pour mettre un peu d’ambiance.
– C’est-à-dire?
– Jésus, tu vas devoir commettre des meurtres humoristiques.
– WTF?
– Tu vas buter des mecs en m’amusant.
– Tu déconnes ferme, quand même. Tu crois que j’ai que ça à foutre?
– Oui.
– Hum…bon. Et j’imagine que j’ai pas le choix en plus?
– Voilà. Et maintenant tu seras gentil de décarrer d’ici fissa, tu sens hyper mauvais.

Je suis donc redescendu sur Terre, investi de ce nouvel apostolat. Bon, l’assassinat ne me dérange aucunement, mais le faire avec humour ça complique franchement la donne, il va me falloir un peu de méthode.

D’abord, bien choisir sa victime. Il faut qu’elle soit parfaite, chiante à souhait. J’ai donc naturellement fait cap vers le Québec, zone de non-Laule s’il en est. J’ai ma petite idée en tête, tu t’en doutes. Montréal, les quartiers huppés, une immense villa style Californien.
J’arrive devant le portail, la sonnette joue la musique du film Titanic. Je ne me suis pas trompé.
– Ouiiiiiii?
– C’est Jésus, ouvrez.
– Entrez-donc, je vous attendais.
René se tient sur le pas de la porte, il a l’air apaisé.
– Salut René, ça biche?
– Enfin vous voilà. Des années que je vous espérais, je n’en peux plus ici. C’est enfin fini, vous m’emmenez avec vous?
– Ce n’est pas pour vous que je suis là. C’est pour elle.
– Oh, mais c’est encore mieux! Suivez-moi, elle est au séjour.
René me conduit dans une pièce vitrée immense. Un vacarme assourdissant croît au fur-et-à-mesure qu’on s’approche du spa, au centre de la pièce. Je la vois, allongée au milieu des remous, lunettes noires sur les yeux, bramant des vocalises.
– HAAAA HOUUUUU HAAAAAA HUUUUUUU HIIIIIIII!!!!
– C’est comme ça toute la journée, me dit René, des sanglots dans la voix.
– Ne t’inquiète pas mec, c’est presque terminé. TA GUEUUUULE pouffiasse, je suis Jésus, c’est fini pour ton cul (Merde me dis-je, ça sonnait vachement mieux dans ma tête).
– WOUUUUUUUUUUUUH UN HOOOOOMME!!! bêle-t-elle, et sans que je n’aie le temps d’esquisser le moindre geste elle se rue sur moi et me projète à terre en me malaxant furieusement le sexe.
– PUTAIN MAIS QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE PUTE ?! MAIS LÂCHE-MOI LA BITE CONNASSE !!! RENÉ AIDE-MOI BORDEL !!!

René l’attrape mais elle se débat violemment, elle manque de le faire tomber plusieurs fois. Je fonce vers la terrasse, m’empare d’un taille-haie imposant et revient en courant dans la pièce. René peinait sérieusement à la maintenir au sol.
Je me précipite sur elle et lui plante fermement l’extrémité des ciseaux dans l’abdomen. Un geyser d’hémoglobine chaude jaillit lorsque j’en retire les lames. Elle s’effondre dans un gargouillis sourd, se retenant les tripes.
Son sang l’abandonnait, dessinant une grande tache sombre sur le tapis. J’ouvre grand le ciseau, place les lames autour de son cou, et d’un coup sec je lui tranche la tête, qui roule à quelques mètres de nous.
Elle s’arrête droite et semble nous regarder, c’est assez étrange.
Soudain elle ouvre la bouche et nous distinguons dans un murmure : « My heart will goooo ooooooooooooon… ».
René semble alors très excité.
– Jésus ! Je… je… je crois que je bande !! Je bande, merde, regarde comme elle est grosse !! Putain c’est la première fois depuis 20 ans que JE BANDE !!!
– Hahaha Amen, mon frère.
Je me dirige vers la sortie, ne pouvant retenir un sourire en entendant les grognements de René qui besognait le cadavre décapité de son épouse. Ça commence pas mal cette histoire, c’est assez distrayant en fin de compte.

Arrivé dehors, je lève les yeux au ciel. Un rayon de soleil transperce les nuages.

Karma et Kleptomanie

avril 22, 2011

Pour aborder ce billet comme il se doit, c’est-à-dire au premier degré, pour aborder ce billet comme il se doit, disais-je, il faut tenir compte de deux facteurs. Parfois, quand je suis cueillie par la vacuité, quand j’ai rien de spécial à faire, je fais des trucs débiles. Pour être parfaitement honnête, le truc débile, c’est ma marque de fabrique. Ça change d’une saison à l’autre, c’est pas toujours le même genre de débilités. Ce printemps, je suis retournée à mes premières amours : la carave. Une vraie pie : je vois un truc qui brille, je l’embarque. Entendons-nous bien, je ne fais ça que pour tromper l’ennui de mes heures creuses et accessoirement ressentir cette minuscule montée d’adrénaline quand tu te retrouves couchée à plat ventre dans une vitrine, le bras tendu vers LE sac dont tu n’as rien foutre mais quand même tu le veux.

Et je crois au Karma, cette chose étrange et pénétrante. J’entends par karma sa définition banalisée et galvaudée : si tu fais un truc pas bien, tu paies ton truc pas bien. Mais ne nous lançons pas, voulez-vous, sur le sujet du bien et du mal, je n’ai pas la cuisse manichéenne ce soir. Je suis pas cette crevure de Jean Valjean, jamais j’aurais chourave la pièce de Gervais, par exemple. Mais quand il s’agit de bébare dans une boutique de fringues, j’ai plus de race. Même que j’ai un petit couteau pour arracher les antivols sans que la moitié de la fringue parte avec. Je sais, je te vends du bonheur…

Anybref, errant rue Caumartin, j’avise le passage du Havre et son spot H&M. Tu sais que y’a pas d’antivols sur leurs lunettes de soleil ? Tu sais que j’adore les lunettes de soleil ? Tu sais qu’un vendeur H&M s’en branle complètement que tu tires des trucs ? Dix minutes et deux jolies paires plus tard, je ressortais rue Caumartin avec cette délicieuse satisfaction texturée de culpabilité. C’est exactement là que mes histoires de karma interviennent. Comme tu le sais, la section Saint-Lazare/ boulevard Haussmann de cette rue est gavée de jeunes qui t’alpaguent pour que tu signes une pétition, pour que t’essaies un jean, pour que tu leur files de la thune, pour te jeter des flyers à la gueule, voire te courir après afin d’être bien sûr que tu seras à cette soirée mortelle paf à 5€.

Pourquoi aurais-je échappé à la règle ? J’avais fait trois pas hors du passage du Havre quand un sosie d’Octavia Spencer m’aborde en ces termes, disons, particuliers :

O.S : Dis excuse-moi désolée j’peux te déranger deux minutes steuplé c’est pour aider les jeunes du 93 à faire des activités culturelles telles que le musée et le Quick, j’adore tes cheveux, alors voilà on vend des p’tites cartes, j’adore tes lunettes, et voilà genre tu peux pas nous aider un peu, j’adore ton tatouage, fais pas ta pute ?

VF : T’es pas obligée de me lécher le boule, je vais te lâcher un truc.

O.S : Sérieux, du bédo ?

VF : Bah non, de la feraille.

O.S : Nan mais je te lèche trop pas le cul, moi aussi je suis tatouée, frangine, truda. (Qu’est-ce que cette manie des gens que je connais pas de m’appeler « frangine »?)

Pendant qu’elle me racontait son hippocampe en bas des reins, son tribal barbwire autour de la cheville et sa flèche sur le pubis, je piochais quelques écus de ma modeste bourse.

Alors là, je te vois venir, tu te dis que j’essaie de me faire passer pour Robin des Bois, je vole aux riches et je refile aux démunis, genre je suis altruiste, nan. Karma, chéri. De façon parfaitement égoïste (comme la quasi-totalité de ce que j’entreprends) je le fais dans l’unique but d’atténuer la puissance de la prochaine merde/honte/maladie vénérienne que je vais me taper en punition de mon larcin.

Donc je lui jette trois roubles et je passe mon chemin vers Citadium dans le but d’en ressortir avec le collier que j’y avais laissé trois jours auparavant. Mais de collier point plus. Je continue ma ronde quand mon oeil se trouve irrésistiblement attiré par un t-shirt Disney représentant la scène du Chapelier Fou d’Alice au Pays des Merveilles, impression passée sur vieux framboise, manches courtes : le truc que je mettrai JAMAIS. J’en chope trois quatre autres avant de filer en cabine pour arracher cette merde d’antivol et planquer le t-shirt de la honte dans la housse de mon netbook.

Que je ressors de là comme une putain de fleur.

C’est l’heure de choper mon train, tant qu’à être une VRAIE rebelle autant voyager surclassée. Je pose mon derche en première, sors mon netbook, sors le t-shirt, l’embrasse et le repose. Cinq minutes plus tard, y’a un Ken® blond genre Ken-Architecte qui s’assied en face de moi. Que je le toise de la tête aux pieds en passant plusieurs fois par la partie centrale de son corps, des deux côtés. Je remue nerveusement des guiboles. J’adore les Ken®, note-bien que ce blog en est bourré. KenArchitecte dégaine l’iPhone et le laptop et moi, j’ai la bouche légèrement ouverte, vois-tu. J’annonce à un Bro que j’ai un Ken® en face de moi. Le Bro demande à quoi il ressemble. J’essaie de le prendre en photo discrètement mais il me grille. Je souris bêtement et il sourit aussi de ses 185 dents ultrabright. Confirmation par le Bro de la dimension ultra-ricaine de l’individu sus-cité. Je passe le reste du voyage à faire semblant de bidouiller des trucs sur mon ordi cachée derrière la paire de lunettes de soleil de la honte n°1. A un moment, quelqu’un meure quelque part dans le train et on se retrouve bloqués dans une gare. Je me dis qu’il est trop Ken® pour que je ne fasse pas un truc débile. Un truc débile comme sortir un petit papier, griffonner un truc du genre « t’es chou, on baise » agrémenté de mon zérozisse et de le glisser sous son ordi. Et je commence à me dire que je fais n’importe quoi. Et je m’auto-confirme que je fais n’importe quoi quand l’iPhone de Ken® sonne et qu’il se lance dans une grande conversation avec ce qui semble être la femme de sa vie. Il était bien entendu trop tard pour récupérer mon morceau de papelard inutile et désormais embarrassant. Le train arrive à mon arrêt, je rassemble vite fait mes trucs et je descends. Mais bien entendu…

Cher Ken Architecte,

Je sais pas si tu me liras, je suis la débile qu’a passé un peu plus d’une heure à te sourire dès que tu levais les yeux.

Pour être bien sûr que c’est de toi dont je parle, tu peux reconnaître ta paire de Converses

Voilà Ken Architecte, désolée pour la grosse gêne, hein, mais dis, par le plus grand des hasards, t’aurais pas récupéré ce putain de t-shirt que j’ai laissé à ma place ?

Nan parce que si tu l’as, ce serait bath que je le récupère. En plus t’as mon number, fais pas ta pute. C’est le tee-shirt Disney rose avec un trou au col.

 En te remerciant, Ken Architecte.

Enculé de karma.

En plein vol (article vexant)

avril 20, 2011

Quelle est la différence entre la carrière d’Elvis Presley et celle de James Dean ?
T’as répondu que l’un est acteur et l’autre chanteur? T’as gagné nigaud, tu sors.
La vraie différence, c’est que personne ne sait si James Dean se serait un jour transformé en sapin de Noël bedonnant et pitoyable. Personne ne le suppose, d’ailleurs, il reste éternellement jeune, beau et talentueux.
Pourquoi ? Parce qu’il est mort au bon moment. Un chouille trop tôt, à la rigueur, je veux bien, mais tu m’enlèvera pas de la tête que c’est toujours mieux qu’infiniment trop tard comme l’autre gros brun. Le drame, c’est que la déchéance d’Elvis teinte pour qui y pense aujourd’hui toute sa vie et sa production. Je pense même qu’on aurait proposé à Elvis de l’assassiner ou de le mettre au couvent en 1959 , il aurait un peu râlé, mais il se serait rendu compte que ç’aurait été mieux en fin de compte, que l’intérêt de ce qu’il avait fait était déjà passé, et que vivre un déclin, ça rend moche. Une photo de lui vivant en 1976 l’aurait convaincu si besoin

Ce qui suit est donc un acte d’amour. Un genre d’euthanasie préventif. Car les choses qu’on admire le plus sont celles dont il faut savoir se séparer avant que le temps gâche tout, comme The Cure aurait du mourir en 1984, comme il n’y aurait jamais dû y avoir de dixième saison à Friends, je vous annonce solennellement la fermeture de C’est La Gêne. Et oui, on est des blogueurs aussi influents que ça, sur Sacré Laule.
Si tu sais pas de quoi je parle, je te dis trois choses :
1 Que c’est un blog à quatre auteurs plus luminescents que tu le seras jamais.
2 Que c’est le plus fin miel d’internet depuis un peu moins de deux ans
3 Que si tu ne le savais pas déjà, tu mérites de rejoindre ceux qui sont sortis parce qu’ils ont répondu à la première phrase, là haut.
Les auteurs le désirent inconsciemment, d’ailleurs. Ils protestent peut-être ? Je leur dis que je le sais mieux qu’eux, que je suis la voix de leur inconscient. Que leur attachement leur brouille les yeux, que les temps passés ne sont pas les temps à venir, mais que c’est un service pour lequel ils me remercieront plus tard. Avant que l’assèchement, l’essoufflement, l’épuisement ne transforment cette entreprise magnifique en gâchis, parce qu’une fin brutale vaut mieux qu’une longue agonie. Parce que le meilleur a déjà été injecté et qu’il serait dommage de le diluer dans la médiocrité. Parce que ce ce que C’est la Gêne a fait germer va continuer de croître, et qu’on pourra continuer de vénérer ce qu’il a été sans maudire ce qu’il sera devenu, transformons un lieu du web en oeuvre du web, en légende du web ;  il est temps.
Par contre, si son lectorat pouvait se reporter sur notre tout nouveau blog “Sacré Laule”, ca nous arrangerait bien aussi.

Chacun cherche son Laule.

avril 17, 2011

Ma soeur me demandait samedi matin entre Nouveau Look pour une Nouvelle Vie et l’Effet Papillon, visiblement consternée par le spectacle que j’offrais, elle me demandait, alors que je ricanais devant l’écran en imitant Cristina Cordula, elle me demandait : « Mais tu te marres tant que ça sur l’internet mondial? »

J’ai arrêté de rire et arrêté de me faire passer pour une brésilienne hystérique, j’ai pivoté pour lui faire face comme les méchants dans les films. J’ai installé un court silence, plein de tension et puis j’ai dit:

MAIS GRAVE PUTAIN !

Je comprends pas, qu’elle me dit. Je comprends vraiment pas ce qui te fait tant marrer.

C’est là que j’ai commencé à réfléchir à ce que je branlais toute la journée devant mon écran.

La réponse était évidente et s’est inscrite en comic sans ms de feu derrière mes paupières closes :

La Quête du Laule.

Ouais, je sais, brillant…

Après je me suis dit que je voulais un crew.

Comment ça tu veux un crew ?

Bah un crew, j’veux une équipe avec des Chevaliers autour d’une table virtuelle et ça serait ça, le nouveau Graal, ce serait la Quête du Saint-Laule. Et le but de la quête ce serait de trouver du laule, tout le temps et puis accessoirement trouver le laule ULTIME mais jamais on y arriverait JAMAIS parce qu’un laule chasserait l’autre et ça serait beau comme un rêve éveillé.

Après je me suis dit que c’était un putain de concept.

Après je me suis dit qu’il fallait que je regarde sur l’internet mondial si jamais y’avait pas déjà quelqu’un avait eu la même idée brillante que la mienne. J’avais la flemme. Et puis, j’ai cherché vite fait sans rien trouver. Hu-fucking-rray…

Et puis je me suis dit qu’il fallait que je relise Les Chevaliers de la Table Ronde pour pouvoir faire des métaphores filées du feu de Dieu. Mais j’avais la flemme.

Oui, ça commence bien.

Découvre si ton couple est humainement à chier.

avril 17, 2011

C’est lundi  et attendu que je me suis découvert une nouvelles passion pour les tests psycho complètement arbitraires: je t’en remets une tartine. Et ne me regarde pas avec cet air de « Monsieur, votre bite a un goût ».

Alors, maintenant que tu sais si tu es oui ou non une Princesse Connasse, tu vas maintenant savoir à quelle catégorie de couple tu appartiens. Parce que je te vois venir hein, tu vas me dire que t’es un couple trop d’la balle.

C’est marrant cette manie de croire que  son couple est exceptionnellement sympa et fun. Vous vous dites que putain vos deux personnalités merveilleusement combinées offrent aux autres un aperçu du paradis. Monsieur est drôle et sexy. Madame est bonne et espiègle. Vous illuminez la vie de vos couples-potes qui bavent secrètement de jalousie, comme cet autre couple-potes dont monsieur veut en secret baiser madame-vôtre et madame qui veut non moins secrètement vous sucer jusqu’à ce que vos yeux tombent finalement par terre.

Même les célibataires pleurent le soir, dans leur lit vide, en pensant combien il serait doux de faire un threesome avec vous.
C’est pas vrai peut-être? Mais je te rassure, c’est parfaitement sain de se fourvoyer de la sorte. Ça montre que vous êtes contents l’un de l’autre, ce qui me semble être la moindre des choses quand on se couple.

Heureusement, je suis là pour remettre un peu les choses dans l’ordre et tes pieds sur terre.
T’es prêt (e)?

1) La devise de votre couple?
A) L’amour rend beau, et Windows 7. (♣)
B) Ce que femme veut, Dieu le veut. (♠)
C) L’amour, c’est mieux à deux. (♥)
D) C’est mardi, c’est sodomie. (♦)

2) Si vous deviez adopter un animal de compagnie?
A) Un petit cambodgien, vous l’appelleriez Rainbow Shoah Warrior. (♣)
B) Un chat, vous l’appelleriez Boule de Poil. (♥)
C) Un Matin de Naples, vous l’appelleriez Brutus III (♠)
D) Une gerbille, vous l’appelleriez Brice Hortefeux. (♦)

3) Un jeu de société?
A) Un scrabble avec Luce-Alberte et Jean-Georges, vos voisins retraités. (♥)
B) Un Toriid, avec Karel et Véronica, vos potes échangistes. (♦)
C) Un World of Warcraft avec Boromir75 et DarkDefender, vos web-potes de  toujours depuis vendredi dernier. (♠)
D) Vous ne jouez pas. (♣)

4) Si votre conjoint mourrait et que l’on vous propose d’empailler une partie de son corps, laquelle choisiriez-vous?
A) Sa tête. (♠)
B) Ses organes génitaux. (♦)
C) Sa main. (♥)
D) Son composite. (♣)

5) Au ciné, vous matez quoi?
A) Eat, Love and Pray. (♥)
B) The Social Network. (♣)
C) La Guerre des Etoiles. (♠)
D) Gorges Profondes. (♦)

6) Si vous aviez le pouvoir de ressusciter un personnage célèbre:
A) Lady Di (♥)
B) Gilles de Rai (♠)
C) Grace Kelly (♣)
D) Barry White (♦)

7) Contre quoi renonceriez-vous à votre moitié d’orange?
A) La fin de la faim dans le monde. (♥)
B) Les soldes. (♣)
C) Contre une monarchie. (♠)
D) Contre rien, va te faire enculer. (♦)

8) Vous organisez un Dîner presque Parfait, le thème?
A) « Poulardes et cygnes blancs bien poivrés» (♠)
B) « Prada and Sushi » (♣)
C) « Sucré-Salé » (♥)
D) « Cuir et Moustache » (♦)

9) Qu’est-ce qui pourrait bien séparer un couple solide comme le vôtre?
A) La fidélité. (♦)
B) Les soldes. (♣)
C) Des divergences politiques. (♠)
D) La mort. (vous êtes mariés) (♥)

10) Si vous deviez comparer votre conjoint à un animal:
A) Un terre-neuve (de Terre-Neuve). (♥)
B) Un dragon (du Mordor). (♠)
C) Du vison (de Milan). (♣)
D) Un grand félin (de la savane).(♦)

Questions Bonus: que normalement, ça permet de départager les égalités

Vos mots-doux pendant l’amour?
A) Hardi! (♠)
B) Je t’aime! (♥)
C) Vous êtes combien? (♦)
D) Tu es belle! (Vous parlez à vos organes génitaux) (♣)

Avez-vous des ami(e)s homosexuel(le)s?
A) Non, mais vous adoreriez. (♥)
B) Non mais vous avez de sérieux doutes sur Boromir75 et DarkDefender. (♠)
C) Tout un tas, la mode, toussa. (♣)
D) C’est quoi cette question de merde? (♦)

Vous avez un max de ♥:

Vous êtes le genre de couple qui ouvre la porte à deux en souriant bêtement ce qui a le chic pour faire flipper les gens. Vous vous êtes rencontrés au foyer de votre lycée . D’ailleurs vous avez gardé contact avec tous vos anciens amis du lycée grâce à Copains d’Avant, vous surkiffez ce site. Vous avez attendus deux ans avant de vous frotter. Vous êtes mariés et vous adorez ça.
Vous êtes le genre de couple serviable qui aime regarder les comédies romantiques américaines. Tous vos amis sont en couple et le samedi vous faites des barbecues.
Dans quelques temps: Vous vous séparerez car vous ne le savez pas encore, mais vous vous faites profondément chier.

Vous avez un max de ♣:

Vous êtes le genre de couple trendy-chic-shabby-clubber. Sous couvert d’une culture apparente, vous êtes d’un snobisme crasse. Vous kiffez la mode, la musique et le cinéma slave.
Vous adorez les smart phones et les Ipads. L’un de vous est DJ. Vous passez vos vacances en Corse. Vous êtes plutôt riches. Vous avez plein d’amis (followers) et vous parlez en hashtags.
Dans quelques temps: vous vous rendrez compte que votre conjoint est humainement à chier et vous le tabasserez à mort avec le dernier numéro des Inrocks. Ensuite, quand vous aurez enfin compris que votre moitié n’était que le reflet de votre propre marasme intérieur, vous twitterez : « Je suis célibataire, j’dis ça j’dis rien #backonthemarket »

Vous avez un max de ♠:

Vous vivez dans les années 1614. Vous aimez les reconstitutions des batailles célèbres. Vous passez votre vie à regretter les châtiments corporels et l’abolition des privilèges. Vous participez à tous les festivals médiévaux de France et de Navarre en vous murgeant à l’hydromel bue à même la corne. Vous connaissez très certainement ma copine A Fleur de Peau. Vous kiffez la danse de L’Ours et vous vous êtes rebaptisés Geoffroy et Barbe.
Dans quelques temps: Vous réaliserez que vous n’êtes pas faits pour ce siècle.
Après avoir bu un peu du sang de l’autre, vous vous suiciderez avec la guillotine que vous avez mis sept ans à construire. Personne ne se pointera à vos funérailles attendu que vous n’avez pas d’amis, même pas DarkDefender et Boromir75.

Vous avez un max de ♦:

Vous êtes un couple sexuel. Vous avez vite pigé que le signe ♦ était le signe du sexe donc vous vous êtes empressés de répondre ♦ sans même lire les réponses. Vous êtes un couple sexuel et vous le criez sur les toits. Vous voulez être ce couple hyper libéré qui baise trop bien, ce couple tellement… HOT. On a compris le message.
Ces revendications sont puériles et légèrement pathétiques.
Dans quelques temps: Vous vous quitterez pour essayer une vraie relation avec de l’amour dedans.

%d blogueurs aiment cette page :